les maladies émergentes

jeudi 23 mai 2013
par  Robert PIETTE

Dossier Pour la Science N°65 - octobre - decembre 2009

- Écologie Olivier PLANTARD, Gwenaël VOURC’H et Michel PASCAL
L’auteur
Olivier PLANTARD UMR 1300 Bioagression, épidémiologie et analyse de risque, INRA, École nationale vétérinaire de Nantes.
Gwenaël VOURC’H UMR INRA 346 Épidémiologie animale, Centre INRA de Clermont-Ferrand Theix.

Les animaux et les maladies émergentes .

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Les animaux, qu’ils soient domestiques ou sauvages, sont à la merci d’agents pathogènes que les espèces introduites véhiculent dans de nouveaux territoires.

L’abeille européenne (Apis mellifera) a été introduite en Sibérie orientale où elle a été mise en contact pour la première fois avec Varroa destructor. Aujourd’hui, cet acarien participe au déclin des populations d’abeilles dans le monde.
Sur une place parisienne, un pigeon déambule, en quête d’une miette de pain. Là où vous ne voyez qu’un volatile, un parasitologue comme Claude Combes voit « un zoo qui vole ! ». En effet, chaque animal héberge une grande diversité de bio-agresseurs, c’est-à-dire d’agents infectieux et de parasites (virus, bactéries, champignons, acariens, insectes…). En conséquence, toute introduction d’un animal dans un nouveau territoire s’accompagne de celles des bio-agresseurs qu’il véhicule, entraînant parfois des effets importants sur la santé de la faune locale – sauvage ou domestique – voire sur celle des humains .On découvre depuis quelques années le rôle majeur des bio-agresseurs dans le fonctionnement des écosystèmes, ainsi que l’importance des pressions de sélection qu’ils exercent sur leurs hôtes. L’intensité de cette sélection est forte, puisqu’elle peut conduire à la mort de l’hôte : les individus hôtes sensibles sont alors rapidement écartés de la population d’hôtes dont la composition génétique évolue. Par ailleurs, de nombreux agents pathogènes s’adaptent rapidement à leurs nouvelles conditions, profitant d’un temps de génération souvent plus court au regard de celui de leurs hôtes. Les bio-agresseurs influent donc notablement sur l’évolution de certaines caractéristiques biologiques des hôtes, tels l’immunité, le comportement ou les modalités de reproduction.


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