l’Artois

mardi 10 septembre 2013

L’ATREBATIE et L’ARTOIS

Les atrébates

Lors de l’arrivée des Romains, le territoire du Pas-de-Calais actuel est occupé par deux peuples gaulois, les Morins à l’Ouest d’une ligne partant de la source de la Canche et suivant le cours de la Clarence, et les Atrébates à l’Est.

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Ils vivaient en Atrébatie correspondant approximativement à l’Artois. Leur oppidum Nemetocenna ou Nemetacon est devenu Arras. Dans sa Guerre des Gaules, Jules César apparente les Atrébates aux peuples belges originaires de Germanie qui ont envahi les territoires du Nord de la Gaule entre le IVe et le IIe siècle avant l’ère chrétienne. Il est probable que c’est au cours d’un de ces mouvements de populations que les Atrébates se sont installés dans la région d’Arras, où ils ont fondé une cité : Nemetocenna

Si l’on ne peut à proprement parler évoquer un phénomène complet d’acculturation des populations locales, la conquête romaine a laissé des traces, visibles notamment dans le paysage. Notre réseau routier actuel se calque sur l’antique : la voie principale est la "Chaussée Brunehaut" reliant Boulogne à Cambrai, en passant par Thérouanne et Arras. Les axes transversaux relient Boulogne à Cassel (par Eperlecques) ou Amiens (par Estrée et Attin) ; Thérouanne à Cassel, Amiens ; Arras à Cassel, Tournai, Amiens ou Saint-Quentin.
L’occupation gallo-romaine, grâce à l’apport de l’archéologie préventive, dévoile un maillage dense et continu, perceptible dans la plupart des communes du Pas-de-Calais.

L’Artois est particulièrement riche en vestiges et la plupart des villes sont assises sur des fondations antiques (Arras, Bapaume, Béthune, Lens, Bruay-la-Buissière, Hénin-Beaumont, etc.).

Arras (Nemetacum)

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Vaste ville à plan en damier de 35 ha, dont le centre se situe entre la place de la Préfecture et Baudimont, et placée au carrefour des voies stratégiques Thérouanne-Cambrai et Amiens-Tournai. Les fouilles ont révélé un sanctuaire de divinités orientales datant du IVe siècle, mais le forum et des édifices publics restent à découvrir. Au Bas-Empire, la ville transformée en castrum et désormais nommée Atrebatis, s’entoure d’un fossé et d’un rempart et tente de maintenir son rôle administratif et économique sur une surface réduite à 10 ha.

Mais à partir du Ve siècle, les débarquements successifs des Germains finissent par avoir raison des Romains. La région est semble-t-il ravagée si l’on se réfère aux niveaux d’incendies présents sur de nombreux sites et à la quasi absence d’occupation pour le Ve siècle. Les fédérés francs, après avoir aidé Rome contre les envahisseurs, occupent la Belgique seconde et y substituent progressivement leur administration. La christianisation des campagnes réalisera progressivement la symbiose entre les deux modèles culturels. La conversion de Clovis ouvre la voie à une lente et difficile christianisation. Les monastères de Saint-Omer, Saint-Saulve et Saint-Vaast et les premiers évêques de Thérouanne et d’Arras, furent les acteurs de cette renaissance progressive.

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“blason de l’Artois”

L’Artois (Artesië en Néerlandais) est un pays traditionnel de France et une province du Royaume sous l’Ancien Régime, ayant pour capitale Arras, aujourd’hui inclus dans le département du Pas-de-Calais. Les habitants de l’Artois sont les Artésiens.

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“La province de l’ARTOIS En 1789, juste avant l’abolition des provinces”

Le sud de l’Artois est marqué par les collines de l’Artois qui correspondent à une zone de soulèvement le long de nombreuses lignes de failles parallèles.
Le pendage des couches argileuses et poreuses expliquent le phénomène connu sous le nom de puits artésiens Un puits artésien est un puits où l’eau jaillit spontanément. Ce phénomène a été mis en évidence pour la première fois par les moines de l’abbaye de Lillers, en Artois en 1126, d’où son nom.

L’Artois fut conquis au Ve siècle par les Francs et donné en 863 par Charles le Chauve à Judith, sa fille, qui épousa Baudouin Bras de Fer, comte de Flandre.
Après avoir été longtemps possédé par les comtes de Flandre, sous la suzeraineté de la France, il fut réuni à la couronne par Philippe-Auguste en 1180.
Saint Louis donna l’Artois en 1237, avec titre de comté, à Robert, son frère.
Après avoir relevé des ducs de Bourgogne, l’Artois est rattaché au domaine royal à la mort de Charles le Téméraire le 5 janvier 1477. Le traité de Senlis, l’attribue à l’Empereur Maximilien Ier. La suzeraineté en est perdue par François Ier de France au traité de Cambrai et il passe par héritage aux Habsbourg d’Espagne et fut annexé définitivement par la France après la guerre de Trente Ans, le 7 novembre 1659 aux termes du traité des Pyrénées, sauf Aire-sur-la-Lys et Saint-Omer (l’Artois réservé) qui ne revint à la France qu’en 1678. Annexée dans un premier temps à la Picardie, La province devient un « Gouvernement général » en 1764.

Pendant plus d’un siècle, la vie au sud de l’Artois a été tournée vers l’exploitation du charbon. Il en reste des terrils, des chevalements de mines et des musées. Le nord de cette région demeure plus agricole notamment par l’élevage et la culture des endives et des choux-fleurs (tous deux AOC).

Artois actuel

L’arrondissement d’Arras (aussi appelé Artois) est donc l’Artois actuel

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Les Boyaux rouges

C’est ainsi que l’on surnomme (en picard prononcez "bo-iaux") les habitants du Pas-de-Calais ou, plus précisément, du sud de l’Artois à partir de Noeux-les-Mines (le Béthunois et la région de Lens).
L’origine du sobriquet Boyaux rouges est inconnue. Les trois explications les plus courantes sont en rapport avec les histoires suivantes :
• Les soldats artésiens portaient une ceinture de toile rouge. Le surnom leur aurait été donné par les Picards à partir du XVIe siècle. D’autres disent que c’étaient les saisonniers des moissons qui portaient cette ceinture rouge ;
• Les Artésiens auraient eu le tempérament bouillant ;
• L’Artois est revenue en 1659 à la couronne de France. Elle a conservé ses privilèges et a ainsi échappé à l’impôt impopulaire de la gabelle, l’impôt sur le sel. Le sel n’étant donc pas cher en Artois, sa consommation y était plus abondante que chez les voisins picards. Jaloux de ce privilège, ils disaient : « I minge’t tellemint d’sé qu’i’n n’ont leu boyaux rouches comme un’n crête ed’dindon » (Ils consomment tant de sel que leurs boyaux sont rouges comme une crête de dindon).

Sources :

http://archeologie.pasdecalais.fr/Explorez-le-Pas-de-Calais/Par-lieux/Pas-de-Calais/Les-romains-dans-le-Pas-de-Calais

http://fr.wikipedia.org/wiki/Atr%C3%A9bates


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