Le frelon asiatique

Un danger pour les abeilles et pour l’homme
mardi 8 décembre 2015
par  Robert PIETTE

Le frelon asiatique un danger pour les abeilles.

Originaire du nord de l’Inde, de Chine et d’Indonésie, le frelon asiatique, Vespa velutina est apparu en France en 2004, et il s’est largement répandu depuis. Il se nourrit essentiellement d’hyménoptères et en particulier d’abeilles domestiques, Apis mellifera, ses principales proies, car elles sont une source importante de protéines pour l’alimentation de ses larves. Partout dans le monde, malheureusement, les populations d’abeilles sont en déclin. Ce nouveau prédateur contribue à l’affaiblissement des colonies, même s’il n’est pas le seul facteur en cause. Celles-ci étant parmi les principaux pollinisateurs de fleurs sauvages et de cultures agricoles, leur disparition est une préoccupation majeure. Dans ce contexte, le frelon a été classé espèce nuisiblepour A. mellifera en France, sur arrêté ministériel du 28 décembre 2012, ce qui donne un cadre légal à sa destruction.

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Frelon asiatique de l’espèce Vespa velutina nigrithorax. © Didier Descouens, CC BY-SA 3.0

Attiré par l’odeur du miel et du pollen.

Pour détecter ses proies à distance, le frelon fait usage de signaux olfactifs. Bien que leur nature demeure encore inconnue, ils s’avèrent efficaces pour la détection de sources alimentaires. Les équipes de recherche des unités Évolution génomes comportement écologie de Gif-sur-Yvette (CNRS, Université Paris-Sud, IRD) et Santé et agroécologie du Vignoble de l’Inra de Bordeaux ont étudié le pouvoir attractif de différents composés caractéristiques des ruches.
Un test à choix multiples, dans lequel des ouvrières de frelons sauvages V. velutina choisissent un ou plusieurs appâts odorants a été mis en place par les chercheurs. Il en résulte que le frelon est fortement attiré par l’odeur des produits de la ruche, tels que le pollen et le miel. Lors du test de composés spécifiques, le géraniol, constituant de la phéromone d’agrégation des abeilles et le p-xylène, molécule que l’on retrouve entre autres dans le poisson ou les fruits de mer, se sont également révélés très attrayants. Les phéromones produites par les larves d’abeille ou par la reine ont également attiré le frelon, mais dans une moindre mesure.
Ces travaux publiés dans la revue Plos One permettent de mieux comprendre les déterminants de l’orientation de ce prédateur et ouvrent la possibilité d’une lutte par piégeage plus efficace.

Les frelons asiatiques affaiblis ?

Les colonies de frelons asiatiques, une espèce invasive présente en France depuis 2004, seraient victimes d’une trop faible diversité génétique. Des mâles semblent apparaître trop tôt, tandis que les industrieuses ouvrières, elles, sont trop peu nombreuses. Après trois années d’observation, des biologistes français concluent que l’expansion de cet insecte, dangereux pour les populations humaines et pour la biodiversité, pourrait s’en trouver compromise.


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